Extrait L’histoire d’une vie tome 1 – Un amour inattendu

Extrait se situant à cheval entre le chapitre 2 et le 3 ! Bonne lecture !

 

En arrivant devant le cinéma, elles se figèrent. Il y avait un monde ! Marie retrouva finalement l’usage de la parole, son amie toujours à son bras.

– Mais… s’étonna-t-elle, il est quelle heure ?

Indulgente et reprenant ses esprits, Diane regarda sa montre.

– Il est 12.

– Hé, on a fait vite quand même !

Marie plongea ses yeux noisette dans les prunelles bleus de son amie et elles éclatèrent de rire.

– Bon, on fait quoi ? Finit par soupirer Diane.

Oui Diane était fan, oui elle voulait voir le film… mais elle n’était pas suicidaire ! Et à voir le monde… ce n’était pas dit qu’une émeute éclate.

– Olala, couina Marie, heureusement que tu as déjà les billets !

Diane acquiesça.

Le silence s’installa de nouveau puis Marie se tourna vers son amie et lui désigna d’un mouvement de la main le macdo en face du cinéma, juste de l’autre côté de la rue.

– ça te dit ? Parce qu’à mon avis, le pop-corn, c’est mort !

Son amie lui lança un regard perplexe et Marie fit une grimace.

– Et j’ai pas mangé à midi… mon frigo est vide.

Diane rit, suivit par son amie et elles allèrent se restaurer au plus célèbre des fast-foods du monde.

Etonnement, il y avait peu de monde dans le mcdo. Elles attendirent à peine une petite dizaine de minutes avant d’être servies. Diane commanda la première et partit chercher une table pendant que Marie se chargeait de prendre sa commande.

De l’intérieur, on entendait les fans hurler en attendant leur idole. Tandis qu’elle attendait sa commande, Marie marmonna.

– Ils ne peuvent pas arriver, qu’on ait un peu de silence…puis elle réfléchit une seconde avant d’hocher la tête. Non… lorsqu’ils seront là, ce sera pire !

La serveuse posa son sprite sur le plateau et Marie la remercia avec un sourire. Son téléphone sonna et elle le prit en tenant son plateau d’une main. Avec le recul, elle remarquera que ce n’était pas une bonne idée un tel équilibre.

– Allo Gwen ! Que se passe-t-il ?

– Coucou… je n’ai pas le droit de t’appeler pour rien ? Lui demanda innocemment sa sœur.

Le silence de son aînée fut éloquent.

– Hoooo ça va, j’ai besoin d’aide en maths !

Les deux aînées de la fratrie se chamaillaient tout le temps mais elles s’adoraient. Gwendoline ne lui ressemblait pas du tout et leur relation n’était absolument pas fusionnelle mais les deux sœurs s’appréciaient beaucoup. Elles avaient eu des périodes plus ou moins obscures mais dans l’ensemble, tout allait bien. Gwen n’avait pas deux ans de moins que Marie,alors forcément, elles avaient été élevées vraiment ensemble et, lorsqu’elles étaient plus jeunes, on les prenait fréquemment pour des jumelles. Souvent en vacances, elles s’étaient amusées à se faire passer pour telles. Gwendoline terminait donc sa terminale S, suivant les traces de son aînée. Cependant, alors que Marie était plus douée pour les mathématiques et la musique, sa sœur était plus douée en sport et en relation sociale (on va dire ça !)

– Tu sais où je suis ?

-Euh… Hésita sa sœur qui ne voyait pas le rapport avec sa question. Non.

– Au grand Rex avec Diane, on va voir…

Elle ne termina pas sa phrase que sa cadette hurlait dans le combiné :

– C’EST PAS VRAI !!! TU VAS VOIR BAPTISTE DAVIS !!!!

– Et de deux ! Mais qu’est-ce que vous avez tous à me hurler dans les oreilles en ce moment ?! Bref, oui, nous y allons du coup…

Et elle ne termina jamais sa phrase. Elle percuta de plein fouet quelqu’un qui sortait des toilettes des hommes à toute vitesse, comme s’il était un voleur ou un truc du genre. Marie, au téléphone et recherchant son amie, tenait tant bien que mal son téléphone et son plateau, le tout parmi les gens et les enfants. Et forcément, ce qui devait arriver arriva, elle perdit l’équilibre. Et tout lui tomba dessus. Marie retint un cri lorsqu’elle tomba en arrière, l’autre tombant aussi sur elle, apparemment il avait un peu trébuché contre elle et la violence de l’impact leur avait non seulement coupé le souffle à tous les deux mais les empêchaient surtout de réagir. Marie tomba en arrière, son plateau se renversant sur elle et le jeune homme perturbateur se précipitant lui aussi dans sa chute.

Marie vécut la scène comme au ralenti. Cependant, elle vit les yeux bleus verts de l’autre s’écarquiller d’étonnement quand sa paire de lunette noire tomba sur le sol mais il parvint, lui, in extrémiste à se rattraper sur une table. Sauf que le sol n’accueillit pas la jeune fille avec douceur et le choc fut assez violent. Elle demeura quelques secondes sonnée et ne réagit que lorsque son agresseur (oui ce n’était pas un agresseur mais à cet instant, seul ce terme lui venait à l’esprit) tenta de la relever. Il lui parlait. Il semblait inquiet. Marie se redressa tant bien que mal avant de le fixer.

– Non mais ! Elle retrouva ses esprits, quoique encore vacillante et le fusilla du regard. Regardez-moi ce résultat !

– Je suis désolé, je n’ai pas fait exprès.

– Mais encore heureux !

Et elle s’éloigna.

Non mais pour qui il se prenait celui-là ? Finalement, elle se retourna et plissa les yeux. Il ramassait ses lunettes.

– Hé !

Il se tourna et la fixa avec étonnement et interrogation.

– … t’as pas remarqué qu’il n’y avait pas de soleil ?

A cet instant Diane arriva. Mais Marie se dirigeait vers les toilettes et l’inconnu s’était enfui.

Sale type !

Même si bon, avouons-le, il n’avait pas fait grand-chose… mais il fallait bien qu’elle déverse sa verve contre quelqu’un. Une fois dans les toilettes, Marie tenta de se nettoyer mais c’était peine perdue… sans compter qu’elle était trempée au sprite. Charmant.

Après avoir laissé Maris râler, Diane commença son interrogatoire.

– Mais c’était qui ?

– Mais qu’est-ce que j’en sais moi ? Il était habillé tout en blanc, un costume entièrement blanc, c’était bizarre d’ailleurs et je pense que maintenant, lui aussi il est sale… bref, j’étais au téléphone avec Gwen… soudain, Marie se figea et blêmit en se tournant vers son amie. Mon portable !

Sauf qu’elle s’était tournée trop vite et que sa tête la lança. Elle vacilla un instant et Diane commença vraiment à s’inquiéter. Elle se précipita aux côtés de son amie.

– Tu es certaine que ça va ?

– Oui oui, grogna-t-elle, juste que ça lance un peu… mais il faut que je trouve mon téléphone.

– Laisse j’y vais.

– Appelle Gwen, avant s’il te plaît, j’étais avec elle quand l’autre m’a percutée.

– Pas de soucis… dis, se tourna-t-elle avant de sortir de la salle, il était beau au moins ?

Marie savait qu’elle parlait de celui qui lui était rentré dedans et elle sourit.

– Plutôt pas mal il me semble… mais il avait une écharpe qui couvrait la moitié de son visage et des lunettes de soleil alors bon…

Riant toutes les deux, Marie se remit à la sa tache pendant que son amie partait à la recherche du téléphone.

Quelques instants après, la porte des toilettes s’ouvrit de nouveau et Marie entendit quelqu’un la saluer.

– Bonjour.

Voix sûre et posée. Marie releva la tête et croisa des yeux bruns emplis de gentillesse et d’ironie… une Diane en un peu plus sadique sans doute.

– Bonjour, répondit-elle par habitude, un peu comme dans la salle d’attente chez le médecin.

– Je pense que ceci vous appartient.

Marie leva un sourcil perplexe avant de prendre ce que lui tendait son interlocutrice. Marie releva vivement la tête lorsqu’elle s’aperçut qu’il s’agissait en réalité de son téléphone.

– Mais… ?

– C’est mon meilleur ami que vous avez percuté tout à l’heure…

– Ho ! Monta Marie sur ses grands chevaux, je ne suis pas plus fautive que lui !

Un éclair d’amusement traversa le regard de son interlocutrice.

– Sûrement.

– Ecoutez, se calma Marie en soupirant. Merci pour le téléphone et présentez-lui mes excuses.

– C’est lui qui s’excuse, vous n’avez plus de repas et vos vêtements sont… disons qu’ils ne sont pas en forme.

Marie la regarda avec étonnement une seconde avant d’éclater de rire.

– Je me contrefiche de mes vêtements si vous saviez ! Ce qui m’embête c’est que je n’ai pas de rechange et que mon foulard est sans doute irrécupérable… ça va ce n’est pas celui que mon père m’a offert mais quand même.

– Oui, dit-elle apparemment compatissante, je me doute que perdre un carré Hermès peut agacer.

Marie sourit. Pendant leur discussion, elle avait envoyé un sms à Diane pour la prévenir.

– En tout cas, je vous remercie, vraiment, je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui, dit-elle en le montrant.

– Comme nous tous !

– Sans doute…

Diane entra à cet instant.

– De quoi ?

– Rien, répondit gentiment Marie qui savait pertinemment qu’elle n’aurait pas la paix tant qu’elle n’aurait pas répondu exactement à son amie. Simplement je disais que je ne savais pas ce que j’aurais fait sans mon portable.

Diane acquiesça.

– TRooooop ! Avec tes exams… oula oula ! Bah, je t’aurais passé le mien au pire.

– Mais j’y pense… dit soudain Marie. Je dois avoir unsurvêt de rechange dans la voiture !

Diane eut un hoquet, choquée.

– Mais… mais tu ne peux pas rencontrer Baptiste Davis… en survêtement !

On sentait bien l’horreur dans la voix de Diane. Marie sourit et leur interlocutrice semblait amusée et intéressée par la conversation même si elle-même ne disait rien.

Marie leva les yeux au ciel.

– Mais je ne vais pas le rencontrer ton Baptiste et de toute façon je préfère aller au cinéma en survêt et au sec que comme je suis trempée et à puer un hamburger que j’ai même pas pu manger ! Voilà ! Allez, on y va, après tu vas râler parce qu’on arrive tard ! Marie se tourna vers la jeune femme châtain aux yeux marron qui les fixait depuis tout à l’heure. Bon, en tout cas, merci pour le téléphone et j’espère que le costume de votre ami n’est pas trop sali par mes bêtises.

– Non, ne vous en faites pas, tout va bien pour lui.

Marie sourit.

– Tant mieux. Alors… au revoir.

– Au revoir ! Répondirent en cœur Diane et la jeune fille.

Celle-ci les regarda quitter les toilettes, les bras croisés sur sa poitrine, amusée, heureuse… elle se murmura à elle-même :

– J’adore cette fille !

 

Marie se planqua dans sa voiture pour se changer. Heureusement, ses sous-vêtements avaient à peu près été épargnés par la nourriture américaine. Alors qu’elle se tortillait sur le siège, elle dit à son amie qui faisait le guet.

– La prochaine fois que je veux manger du Mcdo, tu me frappes et on va manger chinois, d’accord ?

– Ouaip ma poule.

– ça t’intéresse ce que je te dis ou pas du tout ?

– C’est pas ça… simplement… Marie sortait de la voiture. Mais je croyais que tu n’avais qu’un pantalon de survêt. ?

Marie haussa les épaules.

– C’est un jean que Gwen a laissé dans ma voiture l’autre fois, elle l’a oublié, c’est bon je lui rendrai la prochaine fois !

– Woua ! En tout cas il te va super bien ! Regarde-moi ces fesses ! Dit-elle en claquant celles-ci.

Marie éclata de rire en fermant sa veste en cuir. Elle ne la portait que dans le sud, le temps de Paris n’étant pas assez clément à son goût. Bref, celle-ci restait toujours dans le coffre et là elle se vénéra d’avoir eu cette idée. Sous son pull, Diane avait un débardeur blanc, non essentiel, qu’elle passa à Marie… pas nécessaire mais hormis pour Marie, et encore pour une situation d’extrême urgence, elle ne l’aurait pas retiré. Hé ! Elle faisait des études de mode et de stylisme, elle se devait de montrer l’exemple !

Marie s’était plus ou moins rincée les cheveux et elle laissa donc sa longue chevelure tomber en cascade brune et ondulée dans son dos.

– Bon, il faut y aller maintenant, la pressa son amie. Elle regarda son portable qu’elle tenait à la main. Il est moins le quart !

– Déjà ? S’étonna Marie.

– OUI !

– ça va, ne hurle pas, je te suis !

Diane la fit presque courir, ce qui la fit rire. Lorsqu’elles arrivèrent, c’était encore pire qu’une demi-heure auparavant.

– Mais ce n’est pas possible, on ne va jamais entrer !

Diane ne répondit rien et elles traversèrent la place sans quitter des yeux la centaine (et encore, c’était gentil, ils étaient plus que ça !) de personnes qui se bousculait.

– Par contre, murmura Marie à son oreille, ne dis pas qu’on a les places sinon on risque de se faire exterminer.

Diane hocha la tête, elle y avait évidemment pensé. Il y avait trois espaces. Un au milieu avec un tapis rouge (pas la peine de demander à quoi il servait, tout le monde comprenait) une file d’attente astronomique sur la gauche, une autre plus petite sur la droite et des médias… un peu partout, moins parqués que la population mais tout de même agglutinés et restreint derrière des barrières.

Elles comprirent rapidement que la file de gauche était pour les personnes ayant déjà les billets. Elles s’avancèrent le plus possible de la porte et les cris, les bousculades étaient même de ce côté-là affolants.

– Tu me revaudras ça ! Marmonna Marie.

Diane ne répondit rien.

C’est alors qu’il se passa un truc bizarre. D’un coup, ils furent là. On ne les avait pas vus arriver, ce qui était d’autant plus déroutant. Certes, Marie et Diane se parlaient donc elles ne pouvaient pas voir grand-chose mais les autres… personne ne vit de voiture… bref, d’un coup, ils étaient là ! Les trois acteurs principaux de l’histoire ainsi que les agents, gardes du coups et amis. Mais on ne regardait que Baptiste Davis, entouré de son ami de longue date maintenant Thomas Snor (qui lui donnait la réplique dans le film) et de Phoebe Peloz.

Soudain, Marie vit les yeux de son amie s’agrandir. Son esprit songea que la raison de son attitude n’était autre que Baptiste Davis, aussi sa question la surprit-elle.

– Tu m’as bien dit que celui qui t’a percutée était habillé d’un costume entièrement blanc ?!

– Euh… oui, pourquoi ?

Diane lui fit signe avec le menton et Marie se tourna lentement vers les acteurs qui arrivaient. Pour le moment, ils ne bougeaient pas et souriaient à tout le monde, parlant aux journalistes et répondant avec amabilité aux questions.

Marie se retourna et posa son regard sur Phoebe puis sur Thomas avant de se poser naturellement sur Baptiste. Là, son cœur cessa brutalement de battre. Il n’avait plus ses lunettes de soleil. Il avait les mains dans les poches, parfaitement à l’aise avec les journalistes… et il souriait. C’était un sourire sincère et cordial. Il était vraiment heureux d’être là. Tous d’ailleurs. Ses yeux verts… comment ne les avait-elle pas reconnus ? Parce qu’elle n’avait pas fait attention, comme d’habitude. Elle fut brusquement arrachée à ses pensées et revint brusquement à la réalité lorsque les fans se mirent à crier et elle se fit bousculer. Les trois acteurs s’avancèrent. Ils signèrent quelques autographes mais seul Baptiste était Français, et donc parlait couramment Français, et donnait l’impression d’être dans son élément. Il était aussi le plus adulé et harcelé. Marie se rendit alors compte qu’elle le fixait et qu’elle souriait.

Il posa enfin son regard sur elle.

Plus un bruit.

Elle n’entendait plus rien. Même les battements désordonnés de son cœur se turent soudain à ses oreilles. Il n’y avait plus que lui, ses yeux. Il… n’était pas comme à la télé. De toute façon, elle n’avait jamais adoré une personne ni été fan de sa vie, elle n’en avait jamais vu l’intérêt. Mais maintenant qu’elle le voyait en vrai, en personne, debout à quelques pas en face d’elle à la regarder, ELLE ! Et bien, elle ne pouvait détacher son regard du sien.

Il se passa quelque chose… entre eux, en elle.

Elle n’aurait su dire en quoi mais après cet instant, elle n’était plus tout à fait la même.

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