Extrait A travers l’Océan

Voici un court extrait histoire de vous mettre dans le contexte et surtout de vous donner un petit aperçu de cet univers que j’ai découvert !

Réécrire l’histoire, ça va devenir mon métier ! Bonne lecture

 

« Je me demande où nous allons…

Le groupe marchait depuis un moment au bord de la Tamise. Les navires étaient visibles de loin, grands, fiers et majestueux ; elles passèrent à côté de lavandières toutes à leur travail et qui discutaient gaiement, les pêcheurs n’étaient guère en reste et pratiquaient tranquillement leur art au bord de l’eau, nullement dérangés par les petits rameurs sur l’eau où vaquaient des cargaisons de bois et autres ravitaillement. Néanmoins, tout ce petit monde était inconnu des jeunes provinciales.

– Je n’en sais rien, répondit Suzan, mais…

Elle n’eut guère le temps de terminer sa phrase, le panorama qui s’offrait à elles était saisissant. Un bateau gigantesque était amarré à quai et une agitation surprenante faisait rage, telle une fourmilière humaine. Les marins faisaient sans cesse des allers et venus pour charger une quelconque cargaison.

– Ainsi donc, nous allons être vendues ailleurs… murmura Suzan. »

Extrait de Larmes

Quelque part dans la deuxième partie du premier tome de La Mélodie du Destin…

Bonne lecture !

 

Angélique reconnut la voix de Lord Darcy mais elle mit quelques secondes à réagir. Lentement, elle releva la tête et posa son regard vert et étonné sur le jeune aristocrate.

– Que faites-vous céans ? Murmura-t-elle dans un souffle, si bas qu’il le perçut à peine.

Il approcha la chaise de la coiffeuse à côté du lit et la regarda dans les yeux. […]

Tout son corps semblait hurler sa souffrance. Il repoussa du bout des doigts une mèche de cheveux qui lui barrait le visage. Elle se laissa faire et n’eut aucun mouvement de recul contrairement à l’accoutumée. Elle se contentait de le regarder avec étonnement.

– Vous devriez consulter un médecin.

– Non.

Un souffle. Un murmure. Mais une résolution inébranlable.

– Pourquoi êtes-vous donc si tête de mule ?

Elle eut un petit rire. Le jeune homme aperçut la soupe sur la table de chevet.

– Il est vrai, vous refusez de manger, constata-t-il.

La jeune fille secoua la tête mais ne répondit pas. Il fronça les sourcils et posa une main sur sa joue pour l’obliger à le regarder. […]

Angélique se mit à respirer plus fort, plus vite, et le fixa de trop longues secondes avant de fermer les yeux et d’avouer.

– C’est trop dur, je n’en peux plus, je n’ai jamais eu aussi mal. Et je crois qu’avoir pleuré longtemps et à peine dormie durant plusieurs jours n’a fait qu’aggraver les choses.

Lord Darcy se leva et s’assit près d’Angélique sur le lit. La jeune fille le regarda avec de grands yeux. Il n’y prit pas garde et tendit le bras pour prendre le bol de soupe froid.

– Asseyez-vous.

Angélique obtempéra en silence. Elle fut prise d’un vertige et ferma les yeux un instant. Ses longs cheveux devant le visage, James aperçut tout de même ses joues devenues encore plus pâles. Alors, doucement, il posa le bol sur la chaise et, sans qu’Angélique ait pu esquiver le moindre geste, l’attrapa par la taille puis l’installa sur ses genoux. Elle était légère, trop légère, et lui avait beaucoup de force. La jeune fille leva de nouveau son regard vert étonné sur lui et il se contenta de reprendre le bol d’une main, tenant la jeune fille de l’autre. Finalement, Angélique laissa tomber et s’appuya contre Lord Darcy.

Il la nourrit en silence et Angélique mangea sans protester.

James reposa enfin le bol vide et leva doucement le visage d’Angélique :

– Voilà, indomptable, pourquoi ne demandiez-vous point à quelqu’un de vous aider ?

Elle secoua doucement la tête.

– Petite enfant trop fière ! Se moqua-t-il gentiment.

Cette fois, ce fut elle qui chercha son regard.

– Comme vous êtes étonnant. Lorsqu’on apprend à vous connaître, il semble que vous êtes moins bien que ce que vous paraissez… mais si l’on vous connaît mieux, vous êtes meilleur qu’on ne le soupçonne.

Epuisée pour avoir tant parler, la jeune fille ferma les yeux et reposa sa tête contre ses larges épaules, elle y était bien.

Et voilà… deux […] car sinon l’extrait était long et dévoilait trop de choses ^^  J’espère néanmoins qu’il vous aura plu ! Laissez-moi vos impressions, à vos claviers !

Extrait L’histoire d’une vie tome 1 – Un amour inattendu

Extrait se situant à cheval entre le chapitre 2 et le 3 ! Bonne lecture !

 

En arrivant devant le cinéma, elles se figèrent. Il y avait un monde ! Marie retrouva finalement l’usage de la parole, son amie toujours à son bras.

– Mais… s’étonna-t-elle, il est quelle heure ?

Indulgente et reprenant ses esprits, Diane regarda sa montre.

– Il est 12.

– Hé, on a fait vite quand même !

Marie plongea ses yeux noisette dans les prunelles bleus de son amie et elles éclatèrent de rire.

– Bon, on fait quoi ? Finit par soupirer Diane.

Oui Diane était fan, oui elle voulait voir le film… mais elle n’était pas suicidaire ! Et à voir le monde… ce n’était pas dit qu’une émeute éclate.

– Olala, couina Marie, heureusement que tu as déjà les billets !

Diane acquiesça.

Le silence s’installa de nouveau puis Marie se tourna vers son amie et lui désigna d’un mouvement de la main le macdo en face du cinéma, juste de l’autre côté de la rue.

– ça te dit ? Parce qu’à mon avis, le pop-corn, c’est mort !

Son amie lui lança un regard perplexe et Marie fit une grimace.

– Et j’ai pas mangé à midi… mon frigo est vide.

Diane rit, suivit par son amie et elles allèrent se restaurer au plus célèbre des fast-foods du monde.

Etonnement, il y avait peu de monde dans le mcdo. Elles attendirent à peine une petite dizaine de minutes avant d’être servies. Diane commanda la première et partit chercher une table pendant que Marie se chargeait de prendre sa commande.

De l’intérieur, on entendait les fans hurler en attendant leur idole. Tandis qu’elle attendait sa commande, Marie marmonna.

– Ils ne peuvent pas arriver, qu’on ait un peu de silence…puis elle réfléchit une seconde avant d’hocher la tête. Non… lorsqu’ils seront là, ce sera pire !

La serveuse posa son sprite sur le plateau et Marie la remercia avec un sourire. Son téléphone sonna et elle le prit en tenant son plateau d’une main. Avec le recul, elle remarquera que ce n’était pas une bonne idée un tel équilibre.

– Allo Gwen ! Que se passe-t-il ?

– Coucou… je n’ai pas le droit de t’appeler pour rien ? Lui demanda innocemment sa sœur.

Le silence de son aînée fut éloquent.

– Hoooo ça va, j’ai besoin d’aide en maths !

Les deux aînées de la fratrie se chamaillaient tout le temps mais elles s’adoraient. Gwendoline ne lui ressemblait pas du tout et leur relation n’était absolument pas fusionnelle mais les deux sœurs s’appréciaient beaucoup. Elles avaient eu des périodes plus ou moins obscures mais dans l’ensemble, tout allait bien. Gwen n’avait pas deux ans de moins que Marie,alors forcément, elles avaient été élevées vraiment ensemble et, lorsqu’elles étaient plus jeunes, on les prenait fréquemment pour des jumelles. Souvent en vacances, elles s’étaient amusées à se faire passer pour telles. Gwendoline terminait donc sa terminale S, suivant les traces de son aînée. Cependant, alors que Marie était plus douée pour les mathématiques et la musique, sa sœur était plus douée en sport et en relation sociale (on va dire ça !)

– Tu sais où je suis ?

-Euh… Hésita sa sœur qui ne voyait pas le rapport avec sa question. Non.

– Au grand Rex avec Diane, on va voir…

Elle ne termina pas sa phrase que sa cadette hurlait dans le combiné :

– C’EST PAS VRAI !!! TU VAS VOIR BAPTISTE DAVIS !!!!

– Et de deux ! Mais qu’est-ce que vous avez tous à me hurler dans les oreilles en ce moment ?! Bref, oui, nous y allons du coup…

Et elle ne termina jamais sa phrase. Elle percuta de plein fouet quelqu’un qui sortait des toilettes des hommes à toute vitesse, comme s’il était un voleur ou un truc du genre. Marie, au téléphone et recherchant son amie, tenait tant bien que mal son téléphone et son plateau, le tout parmi les gens et les enfants. Et forcément, ce qui devait arriver arriva, elle perdit l’équilibre. Et tout lui tomba dessus. Marie retint un cri lorsqu’elle tomba en arrière, l’autre tombant aussi sur elle, apparemment il avait un peu trébuché contre elle et la violence de l’impact leur avait non seulement coupé le souffle à tous les deux mais les empêchaient surtout de réagir. Marie tomba en arrière, son plateau se renversant sur elle et le jeune homme perturbateur se précipitant lui aussi dans sa chute.

Marie vécut la scène comme au ralenti. Cependant, elle vit les yeux bleus verts de l’autre s’écarquiller d’étonnement quand sa paire de lunette noire tomba sur le sol mais il parvint, lui, in extrémiste à se rattraper sur une table. Sauf que le sol n’accueillit pas la jeune fille avec douceur et le choc fut assez violent. Elle demeura quelques secondes sonnée et ne réagit que lorsque son agresseur (oui ce n’était pas un agresseur mais à cet instant, seul ce terme lui venait à l’esprit) tenta de la relever. Il lui parlait. Il semblait inquiet. Marie se redressa tant bien que mal avant de le fixer.

– Non mais ! Elle retrouva ses esprits, quoique encore vacillante et le fusilla du regard. Regardez-moi ce résultat !

– Je suis désolé, je n’ai pas fait exprès.

– Mais encore heureux !

Et elle s’éloigna.

Non mais pour qui il se prenait celui-là ? Finalement, elle se retourna et plissa les yeux. Il ramassait ses lunettes.

– Hé !

Il se tourna et la fixa avec étonnement et interrogation.

– … t’as pas remarqué qu’il n’y avait pas de soleil ?

A cet instant Diane arriva. Mais Marie se dirigeait vers les toilettes et l’inconnu s’était enfui.

Sale type !

Même si bon, avouons-le, il n’avait pas fait grand-chose… mais il fallait bien qu’elle déverse sa verve contre quelqu’un. Une fois dans les toilettes, Marie tenta de se nettoyer mais c’était peine perdue… sans compter qu’elle était trempée au sprite. Charmant.

Après avoir laissé Maris râler, Diane commença son interrogatoire.

– Mais c’était qui ?

– Mais qu’est-ce que j’en sais moi ? Il était habillé tout en blanc, un costume entièrement blanc, c’était bizarre d’ailleurs et je pense que maintenant, lui aussi il est sale… bref, j’étais au téléphone avec Gwen… soudain, Marie se figea et blêmit en se tournant vers son amie. Mon portable !

Sauf qu’elle s’était tournée trop vite et que sa tête la lança. Elle vacilla un instant et Diane commença vraiment à s’inquiéter. Elle se précipita aux côtés de son amie.

– Tu es certaine que ça va ?

– Oui oui, grogna-t-elle, juste que ça lance un peu… mais il faut que je trouve mon téléphone.

– Laisse j’y vais.

– Appelle Gwen, avant s’il te plaît, j’étais avec elle quand l’autre m’a percutée.

– Pas de soucis… dis, se tourna-t-elle avant de sortir de la salle, il était beau au moins ?

Marie savait qu’elle parlait de celui qui lui était rentré dedans et elle sourit.

– Plutôt pas mal il me semble… mais il avait une écharpe qui couvrait la moitié de son visage et des lunettes de soleil alors bon…

Riant toutes les deux, Marie se remit à la sa tache pendant que son amie partait à la recherche du téléphone.

Quelques instants après, la porte des toilettes s’ouvrit de nouveau et Marie entendit quelqu’un la saluer.

– Bonjour.

Voix sûre et posée. Marie releva la tête et croisa des yeux bruns emplis de gentillesse et d’ironie… une Diane en un peu plus sadique sans doute.

– Bonjour, répondit-elle par habitude, un peu comme dans la salle d’attente chez le médecin.

– Je pense que ceci vous appartient.

Marie leva un sourcil perplexe avant de prendre ce que lui tendait son interlocutrice. Marie releva vivement la tête lorsqu’elle s’aperçut qu’il s’agissait en réalité de son téléphone.

– Mais… ?

– C’est mon meilleur ami que vous avez percuté tout à l’heure…

– Ho ! Monta Marie sur ses grands chevaux, je ne suis pas plus fautive que lui !

Un éclair d’amusement traversa le regard de son interlocutrice.

– Sûrement.

– Ecoutez, se calma Marie en soupirant. Merci pour le téléphone et présentez-lui mes excuses.

– C’est lui qui s’excuse, vous n’avez plus de repas et vos vêtements sont… disons qu’ils ne sont pas en forme.

Marie la regarda avec étonnement une seconde avant d’éclater de rire.

– Je me contrefiche de mes vêtements si vous saviez ! Ce qui m’embête c’est que je n’ai pas de rechange et que mon foulard est sans doute irrécupérable… ça va ce n’est pas celui que mon père m’a offert mais quand même.

– Oui, dit-elle apparemment compatissante, je me doute que perdre un carré Hermès peut agacer.

Marie sourit. Pendant leur discussion, elle avait envoyé un sms à Diane pour la prévenir.

– En tout cas, je vous remercie, vraiment, je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui, dit-elle en le montrant.

– Comme nous tous !

– Sans doute…

Diane entra à cet instant.

– De quoi ?

– Rien, répondit gentiment Marie qui savait pertinemment qu’elle n’aurait pas la paix tant qu’elle n’aurait pas répondu exactement à son amie. Simplement je disais que je ne savais pas ce que j’aurais fait sans mon portable.

Diane acquiesça.

– TRooooop ! Avec tes exams… oula oula ! Bah, je t’aurais passé le mien au pire.

– Mais j’y pense… dit soudain Marie. Je dois avoir unsurvêt de rechange dans la voiture !

Diane eut un hoquet, choquée.

– Mais… mais tu ne peux pas rencontrer Baptiste Davis… en survêtement !

On sentait bien l’horreur dans la voix de Diane. Marie sourit et leur interlocutrice semblait amusée et intéressée par la conversation même si elle-même ne disait rien.

Marie leva les yeux au ciel.

– Mais je ne vais pas le rencontrer ton Baptiste et de toute façon je préfère aller au cinéma en survêt et au sec que comme je suis trempée et à puer un hamburger que j’ai même pas pu manger ! Voilà ! Allez, on y va, après tu vas râler parce qu’on arrive tard ! Marie se tourna vers la jeune femme châtain aux yeux marron qui les fixait depuis tout à l’heure. Bon, en tout cas, merci pour le téléphone et j’espère que le costume de votre ami n’est pas trop sali par mes bêtises.

– Non, ne vous en faites pas, tout va bien pour lui.

Marie sourit.

– Tant mieux. Alors… au revoir.

– Au revoir ! Répondirent en cœur Diane et la jeune fille.

Celle-ci les regarda quitter les toilettes, les bras croisés sur sa poitrine, amusée, heureuse… elle se murmura à elle-même :

– J’adore cette fille !

 

Marie se planqua dans sa voiture pour se changer. Heureusement, ses sous-vêtements avaient à peu près été épargnés par la nourriture américaine. Alors qu’elle se tortillait sur le siège, elle dit à son amie qui faisait le guet.

– La prochaine fois que je veux manger du Mcdo, tu me frappes et on va manger chinois, d’accord ?

– Ouaip ma poule.

– ça t’intéresse ce que je te dis ou pas du tout ?

– C’est pas ça… simplement… Marie sortait de la voiture. Mais je croyais que tu n’avais qu’un pantalon de survêt. ?

Marie haussa les épaules.

– C’est un jean que Gwen a laissé dans ma voiture l’autre fois, elle l’a oublié, c’est bon je lui rendrai la prochaine fois !

– Woua ! En tout cas il te va super bien ! Regarde-moi ces fesses ! Dit-elle en claquant celles-ci.

Marie éclata de rire en fermant sa veste en cuir. Elle ne la portait que dans le sud, le temps de Paris n’étant pas assez clément à son goût. Bref, celle-ci restait toujours dans le coffre et là elle se vénéra d’avoir eu cette idée. Sous son pull, Diane avait un débardeur blanc, non essentiel, qu’elle passa à Marie… pas nécessaire mais hormis pour Marie, et encore pour une situation d’extrême urgence, elle ne l’aurait pas retiré. Hé ! Elle faisait des études de mode et de stylisme, elle se devait de montrer l’exemple !

Marie s’était plus ou moins rincée les cheveux et elle laissa donc sa longue chevelure tomber en cascade brune et ondulée dans son dos.

– Bon, il faut y aller maintenant, la pressa son amie. Elle regarda son portable qu’elle tenait à la main. Il est moins le quart !

– Déjà ? S’étonna Marie.

– OUI !

– ça va, ne hurle pas, je te suis !

Diane la fit presque courir, ce qui la fit rire. Lorsqu’elles arrivèrent, c’était encore pire qu’une demi-heure auparavant.

– Mais ce n’est pas possible, on ne va jamais entrer !

Diane ne répondit rien et elles traversèrent la place sans quitter des yeux la centaine (et encore, c’était gentil, ils étaient plus que ça !) de personnes qui se bousculait.

– Par contre, murmura Marie à son oreille, ne dis pas qu’on a les places sinon on risque de se faire exterminer.

Diane hocha la tête, elle y avait évidemment pensé. Il y avait trois espaces. Un au milieu avec un tapis rouge (pas la peine de demander à quoi il servait, tout le monde comprenait) une file d’attente astronomique sur la gauche, une autre plus petite sur la droite et des médias… un peu partout, moins parqués que la population mais tout de même agglutinés et restreint derrière des barrières.

Elles comprirent rapidement que la file de gauche était pour les personnes ayant déjà les billets. Elles s’avancèrent le plus possible de la porte et les cris, les bousculades étaient même de ce côté-là affolants.

– Tu me revaudras ça ! Marmonna Marie.

Diane ne répondit rien.

C’est alors qu’il se passa un truc bizarre. D’un coup, ils furent là. On ne les avait pas vus arriver, ce qui était d’autant plus déroutant. Certes, Marie et Diane se parlaient donc elles ne pouvaient pas voir grand-chose mais les autres… personne ne vit de voiture… bref, d’un coup, ils étaient là ! Les trois acteurs principaux de l’histoire ainsi que les agents, gardes du coups et amis. Mais on ne regardait que Baptiste Davis, entouré de son ami de longue date maintenant Thomas Snor (qui lui donnait la réplique dans le film) et de Phoebe Peloz.

Soudain, Marie vit les yeux de son amie s’agrandir. Son esprit songea que la raison de son attitude n’était autre que Baptiste Davis, aussi sa question la surprit-elle.

– Tu m’as bien dit que celui qui t’a percutée était habillé d’un costume entièrement blanc ?!

– Euh… oui, pourquoi ?

Diane lui fit signe avec le menton et Marie se tourna lentement vers les acteurs qui arrivaient. Pour le moment, ils ne bougeaient pas et souriaient à tout le monde, parlant aux journalistes et répondant avec amabilité aux questions.

Marie se retourna et posa son regard sur Phoebe puis sur Thomas avant de se poser naturellement sur Baptiste. Là, son cœur cessa brutalement de battre. Il n’avait plus ses lunettes de soleil. Il avait les mains dans les poches, parfaitement à l’aise avec les journalistes… et il souriait. C’était un sourire sincère et cordial. Il était vraiment heureux d’être là. Tous d’ailleurs. Ses yeux verts… comment ne les avait-elle pas reconnus ? Parce qu’elle n’avait pas fait attention, comme d’habitude. Elle fut brusquement arrachée à ses pensées et revint brusquement à la réalité lorsque les fans se mirent à crier et elle se fit bousculer. Les trois acteurs s’avancèrent. Ils signèrent quelques autographes mais seul Baptiste était Français, et donc parlait couramment Français, et donnait l’impression d’être dans son élément. Il était aussi le plus adulé et harcelé. Marie se rendit alors compte qu’elle le fixait et qu’elle souriait.

Il posa enfin son regard sur elle.

Plus un bruit.

Elle n’entendait plus rien. Même les battements désordonnés de son cœur se turent soudain à ses oreilles. Il n’y avait plus que lui, ses yeux. Il… n’était pas comme à la télé. De toute façon, elle n’avait jamais adoré une personne ni été fan de sa vie, elle n’en avait jamais vu l’intérêt. Mais maintenant qu’elle le voyait en vrai, en personne, debout à quelques pas en face d’elle à la regarder, ELLE ! Et bien, elle ne pouvait détacher son regard du sien.

Il se passa quelque chose… entre eux, en elle.

Elle n’aurait su dire en quoi mais après cet instant, elle n’était plus tout à fait la même.

Extrait L’Assassin de la Dauphine

Extrait du chapitre 5

 

Ils se trouvaient sur une vaste plaine où il y avait peu de végétations si bien qu’ils aperçurent immédiatement un petit garçon qui n’avait guère encore atteint ses dix ans, entourés par une meute de loup qui voulait se gaver avant l’hiver. L’enfant était à terre et il semblait saigner. Cependant aucun des deux ne l’auraient juré car ils étaient loin. Alors qu’ils lançaient leur monture au galop pour tenter de secourir l’enfant, ils virent une silhouette noire sortir du bois et galoper en direction de l’enfant. Elle était plus proche d’eux et ils virent avec effroi et consternation qu’il s’agissait d’un membre de la Confrérie.

-Maxime, tiens bon, j’arrive ! Michel, accroche-toi bien à moi !

Ils virent la silhouette noire montée sur un destrier d’ébène prendre l’arc qui était dans son dos à une vitesse stupéfiante, encocher une flèche et tirer alors que sa capuche était tombée dans son dos. L’Assassin tira trois flèches avant de ranger son arc d’une main et de stopper son cheval noir de l’autre. C’était certainement un pur sang des déserts du Sud.

L’animal n’était pas encore arrêté que le cavalier sautait à terre. Ils virent qu’alors un second petit garçon, identique au premier, était sur le cheval avec le cavalier. Ils ne purent toutefois s’empêcher de ralentir leur propre monture lorsqu’ils virent la Rose Noire entrer en action. Alors que d’une main gantée l’Assassin décrochait sa longue cape, de l’autre il dégaina son épée. Le lourd manteau n’avait point fini de toucher le sol qu’il avait saisi une dague de l’autre main. Dans l’élan de sa course, il sauta, prit appuie sur les énormes loups du nord et atterrit souplement devant l’enfant terrifié.

– Abie… pleura l’enfant en s’accrochant à sa jambe.

– Père t’avait pourtant prévenu de ne point quitter la Forteresse ! Maintenant lâch…

Il n’eut pas le temps de terminer, un loup attaquait.

Ce n’était point un combat, c’était une danse. Une danse mortelle, certes, et entravée par un enfant, mais la Rose Noire était éblouissante. Le prince ne pouvait s’empêcher de l’admirer. Pour rien au monde il n’aimerait se retrouver en face d’un adversaire tel que lui. Il frissonna en songeant que ce devait être le même genre de personne qui avait assassiné son épouse. L’Assassin se débattait tant contre l’enfant qui refusait de lâcher sa jambe que contre huit loups… trois étaient morts à cause des flèches et un autre sous la lame de son épée. Puis, sans prévenir, trois l’attaquèrent simultanément et, si grand guerrier qu’il fut, il voulut d’abord protéger l’enfant ; tandis que son épée se plongeait dans un thorax et que la dague tranchait une artère importante d’un autre quadrupède, le troisième tenta sournoisement de s’en prendre au petit garçon et l’Assassin eut juste le temps de couvrir de ses bras l’enfant alors que le loup sautait. Il mordit son bras et l’Assassin poussa un cri avant de tomber en arrière, lâchant son épée sous le coup de la douleur.

Sans se concerter, les deux amis ne se posèrent aucune question et ils lancèrent de nouveau leur monture au galop. Le prince songea que s’il mourrait, ce serait de leur faute car ils s’étaient arrêtés pour admirer la stratégie guerrière de la Rose Noire.

Ils arrivèrent en poussant un cri de guerre, surprenant les animaux et les enfants mais non point l’Assassin qui les avait entendus approcher depuis un long moment. Le bras sous la poitrine, il se battait avec la main gauche tout aussi habilement qu’avec la droite et avait rangé sa dague maintenant inutile.

Une fois la meute mise en déroute, les deux amis observèrent le petit bois quelques instants afin d’être certain qu’ils ne reviendraient pas alors que six des leurs étaient morts. Ils s’en retournèrent auprès des trois autres. Les jumeaux entouraient leur sauveteur et lui parlaient comme s’inquiétant pour lui. Il fallait avouer qu’il y avait beaucoup de sang au sol et celui-ci semblait couler du vêtement. Le prince observa la fine silhouette. Fine mais pourtant d’une grande force, il n’en doutait point. Il portait une chemise noire en soie,des gants en cuir et une sorte de protège poignet qui remontait jusqu’en haut des avant-bras et était sans doute utilisé dans le but d’étoffer les manches bouffantes de la chemise, dont l’époque n’était point avare.

Alors qu’ils laissaient leur monture brouter près de celle de l’Assassin, les deux amis s’approchèrent prudemment de l’homme blessé.

– J’espère maintenant Maxime, que tu ne désobéiras plus ! Et toi non plus Michel ! Que dirait maman si elle vous voyait ?

Les jumeaux baissèrent la tête et l’Assassin secoua la sienne.

– Allez, aidez-moi à me lever qu’on rentre avant d’ameuter toute la Confrérie…

Le jumeau blessé pouffa :

– Père en serait capable.

Son jumeau rit avec lui et, quand il se leva en souriant par l’idée que venait d’évoquer le gamin, l’Assassin aperçut les deux gentilshommes et sembla s’en souvenir. Son sourire se fana et il prit l’épaule de l’un des jumeaux. Il leur murmura sans quitter les intrus des yeux.

– Prenez mon cheval et rentrez. Les autres ne devraient pas tarder mais on ne sait jamais…

– Mais Abie…

– Il n’y a pas de mais ! Surtout après ce qu’il s’est passé aujourd’hui.

Le prince comprit qu’il se méfiait d’eux et leva les mains en signe de paix après avoir rangé son épée.

– Nous ne vous voulons aucun mal !

– Que faites-vous ici ?

Le prince regarda son ami afin de chercher une réponse possible. Il n’allait tout de même pas avouer qu’ils les cherchaient !

– Nous voulions…

L’Assassin blessé leva ses yeux ambrés au ciel et soupira :

– Ecoutez, je suis élevée depuis de que je suis enfant à reconnaître tant un potentiel danger que le mensonge de la vérité !

Alors que les deux amis se concertaient de nouveau du regard, l’Assassin vacilla et ses frères hurlèrent de terreur. Ils voulurent s’approcher mais il leur fit signe de s’arrêter.

– Ne vous inquiétez pas, j’ai déjà été plus grièvement blessée… je vais…

Et la Rose Noire perdit connaissance.

Extrait Apparences

Un peu plus tard dans la soirée, alors qu’il quittait le fumoir, un verre de brandy à la main, il proposa à ses amis de rejoindre un des salons où les tables de jeu étaient montées pour une partie de poker.

– Ho, je ne suis pas certain Connor, fit Andrew avec une grimace, les deux dernières fois vous m’avez pris des sommes astronomiques !

– Soyez un meilleur menteur… et vous connaissez le proverbe : heureux aux jeux, malheureux en amour.

– Mouais, mais d’après ce que l’on raconte sur vous, intervint Bryan avec un sourire moqueur, vos amours m’ont l’air de tout sauf de malheureux.

– Hum…

– Non de toute façon, je n’ai pas envie de jouer, souffla Andrew, je préfère retourner un peu dans la salle de réception. Je vais faire danser quelques demoiselles en extase devant ma fortune puis j’irai me coucher, je suis las.

– Voilà qui est bien parlé ! Rit toujours aussi discrètement Bryan.

Puis il aperçut quelqu’un plus loin dans le couloir et s’excusa prestement auprès de ses amis.

– Je reviens ! Crut-il bon de préciser.

Connor soupira mais retint son souffle lorsqu’il vit la personne avec laquelle s’entretenait son ami. Une jeune fille venait de sortir de la salle de bal. Elle portait une robe magnifique dans les couleurs dorées et crème qui s’accordaient parfaitement à la teinte nacrée de sa peau. Elle n’était pas vraiment blanche comme celles de toutes ces femmes de la haute société qui se privaient de soleil, mais elle n’était pas dorée par le soleil non plus. Il avait connu et vu beaucoup de femmes mais jamais il ne lui avait été donné de voir un grain de peau tel que celui-ci. Il ne la voyait que de profil, pourtant, il la trouva déjà belle. Ses cheveux bruns, presque noirs, étaient savamment relevés en un chignon et torsades complexes qu’il ne comprenait qu’à moitié. Sa robe ne laissait rien voir de sa gorge et montait jusque son cou où un collier en or blanc et diamant venait fermer cet accès à son corps comme un gage de sa pureté. Elle souriait poliment en discutant avec Bryan alors qu’elle remettait en même temps ses gants. Son cou gracile, sa silhouette fine et élancée laissait tout de même deviner qu’elle avait des formes généreuses là où il le fallait. Pourtant, il était certain que ses mains auraient pu faire le tour de sa taille. Elle était belle. Même de loin cela le heurta de plein fouet. Tout comme l’évidence le frappa qu’elle était le genre de femme qu’il ne supportait pas : une jeune fille parfaite et conventionnelle. Sans doute même était-elle à l’image de ce qu’avait été sa mère jadis, un symbole de douceur et de sobriété.

– Qui est-ce ? Demanda-t-il à son cousin sans pouvoir détacher son regard de la belle

inconnue qui l’agaçait et le fascinait simultanément.

– Vous rendez-vous compte que je connais mieux les gens de cette ville que vous ? Fit mine

de s’offusquer Andrew.

Connor haussa les épaules.

– Sans doute.

Ils se tournèrent de nouveau vers la jeune fille et Bryan qui semblaient terminer leur conversation.
– Il s’agit d’Elena Howard.

Chapitre 1 & 2 (en partie) Larmes (La mélodie du Destin I)

 I

Retour

Dans le comté Berkeley en Caroline du sud, à quelques miles au nord de Charleston, une jeune fille terminait sa lecture en rentrant chez elle alors que la nuit commençait doucement à tomber sur les paysages verdoyants de cette belle contrée. Une larme perla au coin de son oeil gauche et, sans qu’elle puisse la retenir, coula sur sa joue. D’un geste rageur, la jeune fille l’essuya du revers de la main. Elle revenait de chez son amie, son inestimable amie, Margaret Mitchell dont les terres s’étendaient le long des siennes. Le père de son amie était l’homme le plus riche de la région ; mais ce n’était guère ce qui les avait rapprochées : c’était leur gaieté mutuelle, leur vivacité commune, qui les avait liées. Ses parents à elle, Angélique Beckett, n’étaient point riches même si dire qu’ils étaient pauvres était démesuré. Disons simplement qu’ils vivaient avec ce qu’ils avaient et qu’ils ne manquaient de rien mais leur vie aurait pu être plus confortable.

Sa mère était Française, elle était née là-bas et y avait passé les premières années de sa vie, jusqu’à ce que sa famille ait dû quitter la France à la suite de la Révolution Française. Anne était une enfant de dix années lors de l’exécution du roy Louis XVI, le 21 janvier 1793, mais sa famille ne quitta la France que cinq années après, alors qu’elle terminait sa quinzième année car le climat politique était réellement devenu trop instable pour l’aristocratie. Sa famille était allée vivre en Angleterre et son père l’avait mariée quelques semaines après leur installation à un jeune propriétaire de plantation Américain venu en Angleterre se trouver une épouse. Les parents de la mère d’Angélique avaient vu dans cet hymen un moyen infaillible d’éloigner leur fille, qu’ils aimaient certes mais qui les agaçait profondément. Anne de Laprade avait déjà un caractère épouvantable, renforcé par son entêtement à se croire supérieur à tous, son époux compris, même si elle le respectait, comme se le doit une dame du sud. Elle avait toujours beaucoup favorisé sa fille aînée, Georgiana, née deux ans après le début de l’union de ses parents, en qui Anne avait fondé tous ses espoirs. Elle n’en oubliait point pour autant l’éducation de ses autres filles afin que leur famille ait la meilleure réputation possible. Il fallait que chacune de ses filles fût accomplie.

De leur union était née cinq enfants, tous encore en vie. Il y avait d’abord Georgiana, la favorite de Anne Beckett, Ashley, le seul mâle de la progéniture et donc le seul héritier des terres, venait ensuite Angélique – qui venait justement d’entrer dans la cour de leur maison dresser sur une colline au pied de laquelle coulait une paisible rivière. Les deux filles cadettes étaient des jumelles de pas encore seize ans mais d’une ressemblance aussi troublante que leur caractère s’opposait.Victoria, la plus douce personne qu’il eût été donné de voir à Angélique, ne voyait le mal nulle part sur Terre. Elle était studieuse et admirait Angélique pour sa vivacité. Elle lisait beaucoup avec sa soeur aînée et toutes deux discutaient souvent de leur lecture respective. Le piano n’était point le premier talent de Victoria même si elle jouait avec joliesse. Elle chantait par ailleurs à merveille d’un timbre pur et clair qu’elle avait développé avec les plus grands musiciens de Charleston. Douce et gentille à souhait, elle serait la compagne idéale pour un gentleman. Ni grande ni petite, elle avait les yeux bleus de sa mère, tout comme Lucy. Les deux soeurs étaient à un tel point semblable que seul leur caractère permettait de les différencier. Fines et élancées, elles étaient gracieuses et naturelles au possible. Toutes deux châtains clairs, leur chevelure bouclée n’avait cependant que cet attrait d’enviable. Lucy, pour sa part, était frivole. A quinze ans, sa mère savait parfaitement, comme tout le comté d’ailleurs, qu’elle n’était plus aussi pure que le jour de sa naissance. Elle aimait rouler dans la paille disait Angélique en souriant devant la frustration et l’indignation de leur mère.

Angélique n’avait jamais été aimée par sa mère. Elle l’avait compris très jeune et, après avoir longtemps essayée de plaire à sa mère et de gagner son affection, elle avait abandonné pour se tourner vers son père. Celui-ci, doux mais sévère, adorait particulièrement son fils et Angélique. Les deux seuls enfants dont il se préoccupait réellement. Guère gentleman de nature, il avait des manières un peu sauvages et n’aimait pas beaucoup la société, qu’il évitait dans la mesure du possible et de la politesse.

Il était grand et fort mais l’âge lui donna de l’embonpoint qui lui ôtait toute civilité. Les traits cependant fins, il avait des yeux gris d’acier qui en intimidaient plus d’un. Il tenait ainsi sa femme en respect, ses filles ainsi que son fils, exceptée Angélique par moment.

Alors qu’elle entrait dans la cour de la demeure familiale, la jeune fille entendit le bruit de sabots ferrés au galop sur le pavé et elle se retourna. Son frère lui souriait avec sa bienveillance habituelle.

Angélique le vit descendre souplement à terre et elle songea qu’il était vraiment beau. Et elle savait que ce n’était point le simple amour fraternel qui lui faisait penser cela. C’était la plus stricte vérité. A l’âge de dix-neuf ans à peine, il était d’une nature joyeuse sans cependant être naïf. Il aimait la lecture et l’équitation, danser avec de jolies filles lors de bals ou réceptions divers. Il était d’une nature forte, comme son père, mais avait reçu la force tranquille de sa mère. Il était le parfait gentleman avec en plus toutes les grâces françaises du gentilhomme. Aussi grand que son père, il lui ressemblait presque trait pour trait mais avec la noblesse des traits de la famille de sa mère ce qui le rendait plus impressionnant encore. Aussi brun que sa soeur aînée était blonde, ses yeux gris ressortaient davantage. Il avait hérité de la grâce de sa mère et promettait d’être un digne héritier pour son père. Il adorait Angélique et la soupçonnait depuis longtemps d’être une jeune fille plus accomplie encore que Georgiana, leur aînée, mais il se demandait si cette démarque était fondée ou s’il était aveuglé par son affection pour sa soeur cadette.

Il s’avançait vers elle de son pas souple et silencieux tout en la détaillant. Encore et toujours débraillée ! Elle allait encore faire hurler leur mère. Angélique se tenait devant lui, un livre dans les bras et il sourit de nouveau. Elle était d’une gaieté peu commune c’est pourquoi, sans en savoir le motif, la jeune fille rendit son sourire à son frère. Mais elle était aussi la plus rebelle des jeunes filles du pays. Plus exactement, elle aimait le grand air, la lecture et l’écriture, monter à cheval… Bref, être libre de son temps et de ses mouvements. Elle n’aspirait point au mariage et sa mère de toute façon ne désirait guère que sa fille amoindrît les chances de sa sœur aînée. Sa mère était persuadée qu’Angélique n’était qu’une dévergondée aussi ignorante qu’inintéressante. Angélique parlait pourtant couramment le français et le latin mais ne parlait pas un mot d’espagnol. Elle avait néanmoins étudié l’allemand. Elle ne dessinait pas ou fort peu car elle préférait la peinture et même sa mère trouvait ses toiles agréables. Sauvage mais sociable, elle aimait rire, danser mais jamais ne chantait. D’après elle, c’était une horreur. Elle montait plusieurs heures par jour à cheval, ce qui lui avait donné de la force dans les bras et rendu ses épaules plus carrées. Elle riait de tout et de rien ; spontanée, elle était franche mais elle pouvait tout aussi bien se montrer un peu taciturne voir acerbe quand quelque chose lui déplaisait. La jeune fille avait les yeux verts – d’où son prénom – comme des angéliques ou des émeraudes selon la luminosité et son humeur. Elle avait hérité cette dernière caractéristique de sa grand-mère maternelle qui était, selon sa mère, la femme la plus belle qui lui ait été donnée de rencontrer. George Beckett, le père d’Angélique, l’affirmait aussi. Jamais Anne ne voulut s’en apercevoir mais Angélique lui ressemblait beaucoup, hormis ses cheveux blonds. Aussi brune que son frère, ses cheveux avaient de magnifiques reflets roux au soleil. Toujours en pagailles, ils étaient longs et peu soignés mais fins et légers comme de la soie. Sa chevelure faisait ressortir ses prunelles limpides et, malgré les angoisses de sa mère,la jeune fille avait le teint frais et non basané par ses promenades dans la campagne. Angélique n’était point grande mais son maintien et sa grâce la grandissaient. Son pas silencieux surprenait toujours son père et pas un jour ne passait sans que la jeune fille, âgée d’à peine seize années, ne provoquât la colère de sa mère.

— Où étiez-vous encore ? lui demanda son frère en riant. Père m’a demandé de vous chercher… je lui ai répondu que l’on vous trouverait lorsque nous ne vous chercherions plus. Et devinez quoi ma chère ? J’avais encore une fois raison !

Angélique pouvait autant mal prendre sa remarque qu’en rire. Ashley le savait et ce n’est pas sans soulagement qu’il l’entendit rire aux éclats. Les colères de sa sœur, quoique brèves, étaient aussi déstabilisantes que mortifiantes.

— Pourquoi père m’a-t-il fait mander ?

— Je crois que c’est parce qu’il y a un bal ce soir et que vous n’êtes point depuis le dîner dans votre chambre à préparer votre toilette comme le font nos chères sœurs.

Angélique soupira. Ensemble, ils rentrèrent dans la maison d’ordinaire peu bruyante et ordonnée. Il y avait aujourd’hui un désordre fou et Angélique elle-même marqua la plus vive surprise.

La jeune fille tourna la tête vers son frère enquête d’une quelconque aide mais celui-ci s’était déjà éclipsé. Sans doute pour se préparer lui aussi.

Angélique entendit le pas lourd de sa mère descendant, plutôt dévalant, les escaliers. La maîtresse de maison en descendait bien, toute bouleversée, en s’écriant :

— Vous voilà enfin, ingrate enfant ! Mon Dieu, quel est votre accoutrement ? Seigneur, qu’ai-je fait pour mériter une telle enfant ?

Sans laisser à Angélique le temps de répondre, sa mère poursuivit en lui prenant le poignet :

— … cela n’a aucune importance, je n’ai pas le temps de me disputer avec vous. Je ne veux point savoir où vous étiez ni ce que vous faisiez… Nous partons chez les Felding dans moins de deux heures et vous n’êtes même pas encore lavée !

— Nous avons tout le temps, mère ! Ne vous enfaites point pour moi… Je vais me débrouiller.

— Je ne m’en fais guère pour vous, s’exclama Anne avec colère en dardant sur sa fille un regard haineux, mais pour votre pauvre sœur ! Heureusement, elle a eu la bonté de choisir une toilette à votre place, sinon demain, nous y étions encore !

N’importe qui aurait sans doute été peiné par ce que venait de dire Mrs Beckett à sa fille. Mais personne dans la maison de releva. C’était, comme tout, une question d’habitude.

Sa mère la quitta sur le palier pour rejoindre Georgiana qui parfaisait ses boucles anglaises. Victoria vient la voir et l’aida à se vêtir, elle-même déjà prête.

Angélique, qui avait complètement oublié ce bal qui pourtant lui tenait à cœur, se dépêcha de se préparer.

Lucy les regardait se préparer en marmonnant. Elle avait été punie car elle avait fait croire à sa mère qu’elle était enceinte et qu’elle ne savait pas de qui. Malheureusement pour elle, sa mère n’avait pas du tout apprécié son humour et, ainsi, elle était privée de bal.

 

Georgiana et Angélique ne s’appréciaient que moyennement mais la jeune fille devait bien reconnaître que sa sœur avait un goût sûr pour tout ce qui était « chiffons ». Angélique ne regarda même pas la robe que sa sœur l’aidait à passer. Pour le moment, elle pensait surtout aux personnes qui seraient présentes ce soir-là.

Mrs Beckett sortait le moins souvent possible avec sa deuxième fille. Elle ne l’aimait guère, chacun le savait. On admirait d’ailleurs secrètement la jeune Angélique de rester si joyeuse et aimable. On ne blâmait point Mrs Beckett, et personne ne parlait jamais des sentiments peu maternels qu’éprouvait la mère pour sa fille. On ne disait rien, on ne se risquait pas… C’était évidemment beaucoup plus facile ainsi.

Angélique ressortit de sa chambre, qu’elle ne partageait avec personne, Georgiana ayant émie le souhait d’être seule et d’avoir des appartements attitrés.

La fille aînée des Beckett portait une robe en fine mousseline jaune et verte pastel. Elle était à ravir. Elle était étincelante et ses deux autres sœurs semblaient moins belles à côté, de leur tenue plus modestes. Mais Angélique n’en avait cure, elle voulait simplement danser !

On était à la fin du printemps et il faisait très doux dehors jusque tard dans la nuit.

Angélique portait une robe verte comme les épines des sapins. Elle allait bien avec ses yeux mais ses cheveux n’étaient cependant pas très bien attachés. Encore une fois, elle n’en avait cure.

Sa mère lui jeta un rapide coup d’œil et, jugeant qu’elle était présentable, entra dans la capote qui les conduirait toutes ensemble chez les Felding.

 

Angélique, dès leur arrivée, remarqua que les regards se tournèrent unanimement vers sa sœur. Cependant, elle ne parvenait à ressentir de l’amertume contre celle-ci, au contraire, elle avait presque pitié d’elle. Georgiana était la poupée de leur mère dont elle disposait à volonté et sur laquelle elle imposait sa volonté.

Elle soupira et sachant que sa mère ne la voulait point auprès d’elle – et ne désirant pas particulièrement rester près de sa mère – elle lui demanda si elle pouvait se retirer et aller danser. Sa mère,sans un regard, lui jeta un bref « Faites, faites » avec un léger signe de main pour lui faire prendre congé.

Angélique ne savait guère que ce qu’elle apprenait auprès de son horrible mère, l’aiderait certain jour ; car elle apprenait depuis sa plus petite enfante deux choses fondamentales qui lui donnerait une grande force : il ne fallait rien attendre d’autrui et elle apprenait que la patience était une grande vertu.

Il y avait plus de jeunes hommes que de jeunes filles ; si bien que celles-ci ne purent guère se reposer un seul instant pour la plupart. On jouait de tout. Des morceaux écossais pour faire plaisir aux jeunes et les faire bouger, des quadrilles traditionnels pour rassurer les mères…

Alors qu’elle dansait avec son frère, Isabel, une des filles des Felding, arrêta la fête. On ne l’avait pas vue de la soirée et ses parents disaient qu’elle était à Charleston.

« S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! Je vous demande à tous votre attention !… »

Elle était en hauteur avec les musiciens. Quand elle eut attiré l’attention de tous les invités, elle déclara, un large sourire ne quittant point ses lèvres – ce qui était rare !

« J’étais, comme vous le savez tous certainement,à Charleston… J’ai croisé Mrs Witchard et elle venait de recevoir une lettre apportée par un messager particulier… »

Son frère lui demanda d’abréger, ce qu’elle fit de mauvaise grâce.

« … Bref, vous savez que Mrs Witchard est la femme du régisseur du domaine des Darcy, ceux qui siègent à la tête de notre beau comté de Berkeley ainsi que celui dit-on du Leicester. Et bien voilà,après nos civilités échangées, elle m’a avoué que les Darcy arrivaient bientôt céans et qu’ils étaient actuellement à New York ! »

Des hourras suivirent ses paroles. Mais elle n’avait point tout à fait terminé.

« … Et mes chères amies, tenez-vous prêtes, il nous arrive trois gentlemen célibataires ! »

Des cris hystériques fusèrent de toutes parts.Angélique rit avec elle, devant leur allégresse, même si elle ne partageait point leur opinion. Elle les regardait à distance s’extasier d’avance de leur richesse, de leurs manières… Il ne restait plus qu’à attendre.

 

Georgiana sourit. Elle avait beaucoup de prétention et d’orgueil, et elle ne doutait pas un instant qu’elle parviendrait à épouser Lord Darcy.

Tout le comté fut en émoi pour l’imminente arrivée. Ses sœurs ne se contenaient plus. Même la paisible Victoria était dans une activité qui ne lui était pas coutumière. Ashley riait et annonçait que puisque Georgiana allait épouser Lord Darcy, lui, avec son aide évidemment,épouserait Lady Darcy. Angélique n’en riait pas car elle savait qu’il était à moitié sérieux.

Cependant, Angélique, que cette nouvelle touchait autant que le menue de repas du soir, en s’éveillant le lendemain, l’avait déjà oubliée.

Quand elle se rendit chez Margaret, celle-ci lui parla aussi des Darcy et Angélique, qui commençait à être agacée, siffla :

— Darcy ! Darcy ! Vous n’avez que ce nom à la bouche ma parole ! Vous n’allez point en plus vous y mettre vous aussi !

— Ma chère, calmez-vous ! Je ne savais point que le sujet vous agaçait à ce point ! Très bien, n’en parlons plus…Discutons plutôt du bal d’hier !

Et il en fut ainsi.

C’est ainsi, par la force des choses, qu’Angélique s’exclut volontairement de l’arrivée des Darcy. Elle ne sut point que les Mitchell préparaient un bal pour une dizaine après l’arrivée des Darcy. Etant la famille la plus riche du comté, hormis les Darcy évidemment, il avait été convenu que ce serait à eux de faire ce bal et d’y inviter le comte et sa famille.

Mrs Beckett ne parla point de cette réception à sa fille et elle remarqua dans un même temps que celle-ci feignait de ne rien savoir. Cela arrangeait ses intérêts et elle se tut donc.

Les Darcy et les Butler arrivèrent au début du mois de juin.

Leur arrivée provoqua plus d’émoi que ne l’avait craint Angélique. La jeune fille se réfugia chez son amie et, comme chaque fois qu’elle était troublée, s’installa au piano. Chacun dans la maison croyait que c’était miss Mitchell qui jouait. A la demande d’Angélique, Margaret n’avait jamais démenti mais elle s’abstenait de jouer en public. Elle n’avait certes pas le talent de son amie.

— Mon père est allé voir les Darcy ce matin. Il y a rencontré le père, le fils, le meilleur ami de celui-ci ainsi que le frère aîné de l’ami du fils.

Sans lever les yeux de son piano, Angélique sourit :

— Cette histoire se complique !

Elle prit bientôt congé de son amie et retourna chez elle. Son père l’y attendait.

 

Le père et la fille se promenaient le long de la rivière qui bordait leur demeure et qui – elle le savait – menait tout droit au domaine des Darcy. Leur maison était certainement l’habitation la plus proche de la leur. Après un moment de silence, Mr Beckett commença :

— Les Darcy sont arrivés dans le courant de la semaine, vous le savez. Que de plans ont été orchestrés par votre mère et votre sœur entre autre. Je sais que vous n’êtes en rien responsable de ces manigances et j’ai, pour votre jugement, la plus aimable impression. Aussi, il faut que j’aille présenter mes hommages à Sa Grâce, sans quoi votre mère me tuerait.

Angélique ne put réprimer son sourire. Elle regardait le sol devant ses pieds sans très bien comprendre où son père voulait en venir. Aussi était-elle très attentive quand il reprit :

— Ashley m’accompagnera, cela va de soit, mais j’aimerais que vous veniez aussi malgré les usages.

La jeune fille s’immobilisa, stupéfaite.

— M… moi ? Chez les Darcy ?

Ce fut au tour de son père de sourire. Il regarda avec tendresse le visage étonné de sa fille.

— Angélique, mon ange, vous savez que je  depuis de nombreuses années. Je risque de mourir, disons-le franchement,du jour au lendemain.

La fille ne savait quoi dire… Elle aimait trop son père pour ne point être touchée par ses paroles mais elle était surtout bouleversée par tant de résignation. Elle se taisait donc.

— Votre mère ne fera rien pour vous à ma mort,vous le savez peut-être mieux que moi encore. Vous êtes une jeune fille intelligente et pleine de talents. Sans votre besoin maladif de liberté, vous seriez la préférée de votre mère. Ne vous fâchez pas si je vous avoue sans ombrage que vous êtes plus jolie que Georgiana…

Angélique n’était pas d’accord mais elle ne dit rien.

— … Ashley sera votre seul rempart. Je sais que vous vous adorez tous les deux et cela me rassure, vous ne serez pas dépossédée à ma mort. Je veux que vous veniez chez les Darcy afin de m’aider à me faire un jugement sur eux pour enfin, s’ils le méritent, les aider à déjouer les plans de votre mère.

La jeune fille, qui ne savait que répondre, secoua la tête pour remettre ses idées en place. Elle releva son regard pour le plonger dans celui de son père puis elle rit, comme elle seule savait le faire et le monde en était ainsi meilleur.

Le chapitre est terminé ! J’espère que ça vous aura plu… en même temps, un premier chapitre sert surtout à poser les décors.

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II

Rencontre mouvementée

    De retour chez eux, Angélique monta mettre une tenue d’équitation ; et la jeune fille ne choisit évidemment pas la plus jolie ni la mieux habillée. Cela n’entrait guère dans ses critères. Elle se moquait éperdument de ce que penseraient les Darcy d’elle. Angélique mit donc la rouge et noire. Elle ne le savait pas mais ses yeux ressortaient davantage avec cet habit. Elle se coiffa rapidement et mit son chapeau qu’elle fixa avec des épingles. De petits cheveux rebelles ressortaient de temps à autre de son chignon de fortune.

Sa mère montait les escaliers avec Georgiana quand la jeune fille descendit. Elles demeurèrent un instant surprises devant la tenue d’Angélique qui, d’ordinaire, ne se donnait guère la peine de se changer pour monter à cheval.

— Où allez-vous ? demanda-t-elle toujours aussi amèrement.

Angélique leva les yeux vers elle et rencontra son regard.

— Père m’a demandé de l’accompagner… Si vous voulez de plus amples explications que je n’ai point, allez les lui demander directement.

Georgiana, qui savait parfaitement où leur père se rendait, supplia sa mère :

— Ho, maman, je veux y aller aussi ! Ce n’est pas juste !

— NON ! rétorqua froidement Mrs Beckett, ce n’est point la place d’une jeune demoiselle d’aller rendre hommage à d’autres gentlemen, surtout qui nous sont supérieurs… Et cela vaut pour vous aussi miss Angélique !

Les yeux verts d’Angélique se durcirent et elle répliqua entre les dents :

— Ne m’avez-vous jamais traitée comme telle ?

Mrs Beckett n’avait guère point l’habitude qu’on lui réponde, encore moins qu’on lui tienne tête, même de la part d’Angélique.Elle entrevit alors son époux qui s’apprêtait à sortir de la maison avec leur fils Ashley.

— Monsieur, l’intercepta-t-elle, je ne puis croire que vous nous désavouiez à ce point ! Emmener une de nos filles et Angélique de surcroît ! Je ne puis croire que…

Mr Beckett remarqua évidemment qu’Angélique n’avait point daigné tressaillir à l’offense que venait de lui faire sa mère.Il reposa son regard sur son épouse qui recula d’un pas sous le regard meurtrier que lui assena Mr Beckett.

— Ma chère, soit Angélique nous accompagne, soit je ne rends pas visite aux Darcy. A vous de juger. Je vous laisse une minute.Il prit sa montre dans son gilet accrochée à une chaînette, l’ouvrit et la regarda.

Mrs Beckett, décontenancée, ne savait que faire ; sa lèvre inférieure se mit à trembler et son cœur s’accéléra. Puis elle regarda tour à tour Georgiana et Angélique avant d’incliner la tête.

— Très bien, allez-y !

Elle reprit sa progression dans l’escalier et marmonna à Angélique quand elle passa à côté d’elle.

— Ne croyez point triompher si aisément… Tant que votre père est là, très bien, mais quand il sera parti, je me vengerai pour ce que vous m’avez fait !

Angélique plissa les yeux et répondit sur le même ton :

— Qu’ai-je donc fait ? Je suis venue au monde ?

Sa mère ne sut que répondre et la quitta. Georgiana la regarda comme si elle était la peste personnifiée et suivit sa mère.

 

Ashley aida sa jeune soeur à monter sur sa monture qui l’attendant devant la maison avec les leur. Victoria vint la voir ainsi que Lucy dans la cour. Elles exigeaient que leur soeur détaillât tout pour le leur raconter après. Puis ils prirent la route au pas. Malgré le fait qu’elle montait en amazone, Angélique chevauchait devant les deux hommes. Elle était si bonne cavalière qu’elle ne semblait faire qu’un avec le cheval. Son père songea, non sans fierté, qu’elle était de ses filles la plus accomplie.

Moins d’une demi-heure plus tard, ils atteignaient le parc du domaine. La jeune fille n’y était jamais venue. Elle s’en était toujours abstenue et aujourd’hui le regrettait. Le jardin, à la française,était magnifique. En face du château se trouvait une grande fontaine en bronze.On descendait quelques marches par deux escaliers symétriques qui menaient à un chemin blanc – certainement des copeaux de marbre – qui longeait deux immenses parterres de fleurs.

Son père et son frère l’avaient distancée mais elle ne s’en était point rendue compte.

 

D’une des fenêtres du premier étage de la splendide demeure, une jeune fille aux cheveux couleur du miel regardait leurs nouveaux visiteurs arrivés. Elle guettait son frère qui était parti plus de deux heures auparavant. Elle remarqua avec la plus grande admiration la cavalière qui se tenait derrière les deux hommes et qui semblait contempler le domaine. Sa tenue d’équitation n’était point très riche mais tout en joliesse selon elle. A gauche de la cavalière se dressait une forêt. Soudain, juste devant la jeune cavalière apparut un gentleman monté sur un magnifique destrier noir.

 

Angélique avançait doucement avec sa jument pour avoir tout le loisir de contempler le domaine. Puis, il apparut, elle ne sut jamais vraiment d’où. Il arriva à toute vitesse et n’évita Angélique que de peu. Sa jument, fière et fébrile, hennit et se cabra attirant ainsi l’attention des deux Mr Beckett.

Le désordre régna quelques instants des deux côtés mais Angélique – déstabilisée par le fait qu’elle montait en amazone – devait demeurer doublement attentive. Son agresseur, ce fut du moins ce qu’elle ressentit sur l’instant, dominait mal sa monture à cause de l’agitation de la jument de la jeune fille. Elle entendit une voix d’homme, celle de son agresseur, hurler, fou de rage :

— Imbécile ! Si vous voulez me tuer, il faut le dire ! J’ai manqué de me rompre le cou !

Angélique, stupéfaite par cette déclaration,perdit sa concentration et lui jeta, elle aussi dans une colère noire :

— Et en plus vous avez l’audace de m’accuser ? M’agresser alors que je ne vous connais même pas !

— Vous n’aviez qu’à faire plus attention !

— Vous n’avez qu’à mieux tenir votre monture !

— Je suis certainement meilleur cavalier que vous !

— Voulez-vous parier ?

— Que non point, ce serait une pure perte de temps.

Angélique voulut rétorquer mais le cheval de son adversaire se cabra au moment où elle-même perdait l’équilibre sur sa selle.Avant qu’elle ait eu la moindre chance de le voir, la jeune fille reçut un violent coup de sabot sur la tempe qui lui fit perdre à moitié connaissance.Des points lumineux et noirs se mirent à danser devant ses yeux.

Les Butler et le comte, voyant des cavaliers s’approcher, s’étaient rendus dans le jardin dans l’intention de les y rencontrer. En arrivant près de la fontaine, ils virent, non sans stupeur, Lord Darcy qui luttait avec sa monture et une cavalière qui semblait en faire de même. Ils s’élancèrent rapidement en voyant la jeune fille blessée.

Angélique aperçut vaguement la silhouette de son frère au dessus de sa tête. Puis une voix, qu’elle aurait reconnu entre mille : son agresseur. Elle sentait un goût métallique dans sa bouche et comprit que c’était du sang. Elle murmura, emplie de haine, avant de perdre connaissance :

— Je me vengerai !

 

Lady Darcy arrivait peu après en courant. Elle aperçut le visage de la jeune cavalière et fut étonnée de constater qu’elle n’était guère plus vieille qu’elle-même. Le père de la blessée, ainsi que son frère vraisemblablement,était penché au dessus de sa fine silhouette immobile. Le colonel Butler, le meilleur ami de Lord Darcy, essayait de calmer son ami qui semblait simplement furieux. Jamais encore, elle ne l’avait vu dans cet état. Lui, toujours si maître de lui ! Elle regarda autour d’elle sans vraiment savoir quoi faire. Puis, décidée à savoir ce qui était passé par la tête de son frère, la jeune fille l’aborda :

— Vous sentez-vous bien ?

— Oui.

D’accord. Elle regarda Peter, l’ami colonel de son frère, mais il haussa les épaules. Il ne comprenait pas non plus ce qu’il lui avait pris… S’en prendre à une jeune fille ! Sans doute ne l’avait-il point fait volontairement. Lady Darcy songea que la jeune cavalière ne nouerait pas beaucoup de lien amicaux avec sa famille et tout particulièrement avec son frère.

 

Alors alors ? L’histoire commence maintenant non ? Et pour le reste, il vous faudra acheter le livre… hi hi
En attendant, donnez-moi vos impressions, à vos claviers !